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L'aumônerie témoigne !


“Ces séances sur l’immigration ont été très riches. Elles nous ont permis de réaliser ce que certains jeunes du même âge, que nous pouvons côtoyer par exemple au lycée ou dans notre vie quotidienne, ont une histoire beaucoup moins simple et moins enviable que les nôtres. Ces séances nous ont également permis de mettre en lumière que l’endroit presque paradisiaque dans lequel nous vivons cache des réalités très dures: les réseaux de prostitution invisibles et pourtant très développés dans la baie, le travail des mineurs récemment autorisé, le manque de protection législatif des migrants…

Le Père Pedigo a insisté sur le fait qu’il était important que, pour être durable et efficace, la solution ne peut pas être juste législative, mais que cette solution doit venir d’un changement du cœur de chacun… Une rencontre qui invite à réfléchir et à agir. Que de perspectives et de questions intéressantes pour les chrétiens que nous sommes !”


Depuis le début de l'année, les lycéens de l’Aumônerie ont cheminé en équipe avec Père Johannes et Martine, leurs catéchistes, sur le thème de l’immigration. Après avoir introduit le thème, ils ont participé à plusieurs échanges autour du film “Rêves d’or” (“La jaula de oro” - disponible sur Prime), qui raconte à la manière d’un documentaire le périple de trois jeunes d’Amérique Centrale qui souhaitent passer la frontière américaine et rejoindre la Californie. Père Johannes et Fr Jon Pedigo ont pu témoigner auprès des jeunes de leurs missions auprès des communautés hispaniques, à San Jose, Gilroy et à la frontière mexicaine.

Dimanche dernier, les lycéens ont clôturé cette série de rencontres par un texte lu par 4 d’entre eux pendant la messe.


Voici la prière qu'ils nous ont partagé :


Texte basé sur l’évangile selon St Matthieu

Père Johannes : Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il siégera sur son trône glorieux, et toutes les nations seront assemblées devant lui. Et il les séparera les hommes les uns des autres, comme un berger sépare les brebis des boucs. Il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.


Tous : J'avais faim et vous m'avez donné à manger.

Lecteur 1 : Après avoir payé le loyer, je n'ai plus rien pour faire mes courses. Je suis une mère célibataire qui occupe deux emplois et j’ai 2 enfants. Je vais souvent chercher de la nourriture auprès des associations caritatives. (Gloria, une demandeuse d'asile guatémaltèque vivant à Long Beach)

Tous : J'avais soif et vous m’avez donné à boire.

Lecteur 2 : J’ai traversé la frontière plusieurs fois, car je me suis fait arrêté et renvoyé au Mexique. Dans le désert, chacun de nous n’avait qu’une petite bouteille d’eau. On nous a dit que la personne qui nous ferait traverser la frontière aurait de l'eau pour nous. Les éleveurs installent dans les champs de grands containers en plastique qu’ils remplissent d’eau pour que leurs animaux y boivent. Certaines personnes n’aiment pas que les migrants traversent la frontière et percent les containers pour que les migrants n'aient pas d’eau. Nous pensions que nous allions mourir de soif. Heureusement, un autre homme est arrivé et nous a apporté de l'eau. (Antonio, un migrant mexicain de 16 ans)

Tous: J'étais un étranger et vous m'avez accueilli.

Lecteur 3 : «Après avoir traversé la frontière, nous sommes allés à Denver, où nous avions rendez-vous avec notre famille d’accueil. Nous avons attendu pendant 2 jours et personne n’est venu nous chercher. Pendant notre attente, personne n’a prêté attention à nous. Finalement, quelqu'un nous a remarqués et nous a emmenés à l'église où nous avons été accueillis. (Maria José, une demandeuse d'asile hondurienne)

Tous: J'étais nu et vous m’avez habillé.

Lecteur 4 : Quand nous sommes arrivés en Amérique, nous avions longtemps porté les mêmes vêtements et nous étions très sales. Je n'ai jamais été aussi sale de ma vie.

A la Paroisse Notre-Dame du Refuge où nous avons été accueillis, il y avait une pièce pleine de vêtements où nous avons pu nous servir. Grâce à eux, mon bebe porte maintenant des couches. (Estella, une demandeuse d'asile originaire de Colombie)

Tous : J'étais malade et vous avez pris soin de moi

Lecteur 5 : Après avoir traversé la frontière au niveau du Texas, les autorités américaines nous ont enfermés de force pendant des jours dans un entrepôt où il fait très froid. Les migrants sont entassés dans cet entrepôt à leur arrivée.

On ne nous donnait pratiquement pas de nourriture et nous avions juste des couvertures de survie. Mon frère était très malade. Ma mère demandait de l’aide aux gardiens; mais ils s'en fichaient, ils nous ignoraient, il y a même l’un d’entre eux qui a fait une blague.

Finalement, mon frère a été conduit à l’hôpital où il a été soigné. (Mario, 13 ans, demandeur d'asile originaire du Salvador, voyageant avec sa mère et son petit frère)

Tous : J’étais en prison et vous m’avez rendu visite.

Lecteur 6 : Je me souviens que mon père et moi sommes partis du Honduras, il y a des années. Puis, nous avons pris la Bestia (le train de marchandises qui permet aux migrants de traverser le Mexique). Arrivés à la frontière américaine, nous avons été arrêtés par des bandits. Puis quelque chose est arrivé à mon père… (la voix s'arrête)

Ensuite, je suis parti avec d'autres enfants et un adulte, un coyote. Il nous a fait traverser la frontière. Arrivés en Amérique, nous avons été arrêtés et conduits dans une prison avec d'autres enfants. Certains de ces enfants sont y restés très longtemps. Moi, j’y suis resté seulement 6 mois. Nous n’avons eu aucun visiteur. (Antonio, 18 ans, employé d'un abattoir se souvient de son séjour dans un centre de détention pour mineurs non accompagnés)

Tous : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»

Lecteur 7 : Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.



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